Intelligence artificielle : une surdouée omniprésente

“Toute l’informatique serait-elle devenue intelligence artificielle ?” Voilà une question que vous vous posez sans doute tellement cette fameuse ‘IA’ occupe la scène scientifique – mais aussi médiatique – depuis quelques temps. On se l’est aussi posée !

Poppy torso : curiosity driven learning © Inria / Photo C. Morel

Elle flotte dans l’air du temps. On la vénère. On la jalouse. On la craint. Il est vrai qu’elle intimide un peu avec son aisance à lire sur nos visages, à nous faire la conversation, à répondre à nos questions et à penser à notre place. À force de tirer la couverture à elle, une confusion s’installe : toute l’informatique serait-elle devenue intelligence artificielle ? Non, rétorquent les scientifiques. Pour ouvrir la porte du garage ou piloter le GPS, des algorithmes un brin moins savants font fort bien l’affaire. Algèbre de Boole, crible d’Ératosthène et autres méthodes de Monte Carlo.

 

Projet ADT PosTex : tissu intelligent et veste connectée © Inria / Photo C. Morel

 

Mais alors, où passe la frontière ? IA = deep learning + big data, répond un chercheur, formulant ainsi la définition la plus restrictive. Vitaminés par des architectures de calcul intensif, les réseaux de neurones développent des facultés d’apprentissage automatique à partir de gros volumes de données. Jouant de ce talent cognitif, l’IA se glisse dans tous les recoins de nos vies connectées. Au bureau où elle trie le courrier. Sur Internet où elle nous présente nos futurs amis, nous recommande nos lectures et nous suggère nos achats. Dans nos smartphones où elle retouche nos selfies et se fait traductrice. Dans le scénario de nos jeux vidéo. Dans le calcul de notre prime d’assurances. Et bien sûr dans notre voiture dont elle s’apprête à prendre le volant.

Prochaine étape ? L’inviter au cinéma. Elle ne comprend pas tout le film. Mais elle essaye. On appelle cela de la curiosité artificielle.

Jean-Michel Prima / Inria.