L’IA, aussi créative que l’homme ?

L’intelligence artificielle alimente craintes et fantasmes… car cette technologie digne des meilleurs scénarios de science-fiction est désormais une réalité. C’est d’ailleurs l’une de composantes phares des entreprises innovantes, dans tous les secteurs, dans tous les domaines. Jean-François Goudou, speaker à La Digital Tech Conference, travaille depuis (presque) toujours sur cette technologie, des fondements du deep learning à l’IA telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Depuis 2018, Jean-François Goudou est VP Research chez Meero. Une startup qui, après trois années d’existence, compte plus de 650 collaborateurs — et vise les 1000 d’ici la fin de l’année. Son positionnement ? Déployer l’intelligence artificielle sur les tâches qui n’apportent aucune valeur ajoutée à l’intervention humaine dans la retouche de photographies professionnelles. Et laisser la créativité à ceux qui savent.

Le(s) secret(s) de Meero

En quelques années, Meero a connu une croissance exponentielle. Mais elle n’est pas due au hasard. Sa proposition de valeur est claire : garantir une qualité constante des photographies retouchées, en gros volume et à moindre coût. Elle a aussi su s’entourer de compétences clés — comme celles de Jean-François Goudou — et miser sur les technologies phares — comme l’IA —, dans une démarche d’amélioration continue.

Aujourd’hui, Meero a conçu ses propres outils pour automatiser la retouche photo, à partir de plusieurs modèles d’apprentissage. Car des clichés de bâtiments, destinés à des acteurs de l’immobilier, n’auront pas le même traitement que des portraits de visages. Pour autant, Meero tend à « rendre l’image la plus naturelle possible, et à donner l’impression la plus immédiate, la plus sereine », souligne Jean-François Goudou.

L’indispensable intervention humaine

Jean-François Goudou, tout comme Meero, en sont convaincus : les outils bonifient l’existant mais ne remplacent pas l’humain, qui reste omniprésent de l’amont à l’aval. Avec le photographe tout d’abord, puisqu’il apporte sa pâte au moment de la prise des clichés. Mais aussi une fois ceux-ci retouchés, car ils sont minutieusement contrôlés par le service qualité de Meero.

« Nos IA reproduisent une partie des tâches répétitives réalisées par les professionnels de la photographie, pour leur laisser davantage de temps à se consacrer à leur passion, à leur métier. » Jean-François Goudou ajoute : « nous dialoguons constamment avec les photographes pour leur montrer les résultats de notre solution. Et expliquer en quoi l’IA n’est pas une menace, mais plutôt une assistance. »

L’IA, demain ?

Si on parle beaucoup d’intelligence artificielle, elle ne peut être décorrélée de son contexte. Car aujourd’hui, les outils de création visuelle et audiovisuelle sont beaucoup plus accessibles qu’il n’y a quelques années — à l’image du projet GauGAN de Nvidia. L’IA participe à cette ouverture, avec son revers de la médaille : « il sera de plus en plus difficile pour l’humain de distinguer le vrai du faux. C’est un véritable point de vigilance éthique ».

En définitive, l’IA est-elle ou sera-t-elle plus créative que l’homme ? La question est complexe. Pour Jean-François Goudou : « c’est un outil puissant, qui est incapable de faire autre chose que ce qu’on lui demande. Il obéit à des règles, à des bases de données en entrée. En conséquence, le résultat est contraint. » On peut s’interroger d’ailleurs sur ce que désigne et englobe la créativité, à la lumière de ces évolutions technologiques. De vastes sujets que nous vous invitons à venir explorer le 6 décembre prochain !