La data, au service du bien-être ?

Vous le savez déjà : la cinquième édition de la Digital Tech Conference aura lieu le 6 décembre prochain — au Couvent des Jacobins, toujours à Rennes. Vous trépignez (évidemment) d’impatience d’en savoir plus sur le programme ? Nous levons le voile sur l’une des intervenantes : Jaana Sinipuro.

Project Director au sein de Sitra, think tank finlandais indépendant, Jaana est engagée depuis deux ans dans un projet d’envergure européenne et internationale : repenser l’économie de la data, celle qui produit de la richesse, pour construire un nouveau modèle équitable, pour tous. Et agir, sensibiliser, expérimenter. Car Jaana Sinipuro y tient : « Sitra n’est pas qu’un think tank, c’est aussi un do tank. »

Vers l’infini et l’au-delà (de la data)

Les datas, qu’on qualifie depuis quelques années de « big », nous échappent. Convoitées, elles sont collectées en masse, sur tous les devices, tous les services que nous utilisons. Pour traiter ces gigantesques flux d’information, les machines ont pris le pas. Et l’individu a perdu la main. S’il peut donner son consentement explicite à la collecte de ses données privées depuis le RGPD, il n’a aujourd’hui aucune idée — et même aucun moyen de savoir — de ce qu’elles deviennent.

Pour Jaana Sinipuro, il est crucial de définir de nouvelles règles communes à tous les pays, à toutes les structures publiques ou privées. In fine, c’est bien la transparence dans la manipulation des données qui est en jeu. C’est aussi la confiance à rétablir avec les individus qui les partagent. Loin des discours militantistes, Jaana Sinipuro est pragmatique et convaincue : il faut construire une nouvelle économie de la data, équitable, avec au centre l’Homme — c’est la human-driven data economy. Pour autant, il ne s’agit pas de verrouiller les données, mais de faciliter leur échange pour créer une véritable richesse, au service de tous.

Data & bien-être

Ainsi, Jaana et son équipe œuvrent à créer un nouveau modèle pour faciliter et sécuriser le partage de données entre tiers, tout en assurant leur contrôle par les individus. Ce qui suppose la prise de conscience et la connaissance des enjeux, mais aussi de la technique, par tous. Car une fois ce contexte posé, le champ de possibles s’élargit. Et la valeur économique de la data prend une tout autre forme : elle participe au bien-être des hommes et des femmes.

Des exemples ? Nous sommes en 2020, vous voyagez à Tokyo. Hélas, vous tombez malade et vous devez vous rendre à l’hôpital. Grâce à votre dossier médical personnalisé, accessible par l’établissement, l’équipe médicale peut vous prescrire le traitement le mieux adapté à votre état de santé, vos antécédents, vos allergies… Même chose du côté des coachs santé, physiques ou virtuels, qui accèderont à vos données médicales, couplées à celles que vous pourrez saisir (votre alimentation) ou tracer volontairement (via un objet connecté). Une fois combinées, ces données vous assureront un suivi sur mesure de votre nutritionniste, ou de votre coach sportif… Dans votre intérêt. Si la santé est un domaine évident pour le bien-être des individus, tous les secteurs sont concernés par ce nouveau modèle économique de la data — assurance, gestion des forêts, éducation… Que Jaana Sinipuro vous dévoilera lors de sa keynote le 6 décembre prochain !